Claire Genestier Comment contester un testament : la procédure

Un grand merci à Maître Genestier et à son équipe pour le grand professionnalisme l’écoute, l’attention bienveillante et fortement efficace !!!

Chantal D

Je suis très contente de la prestation du cabinet de Mme Claire Genestier. Très à l'écoute dès le premier contact. J’ai été bien conseillé tout au long de la procédure.
Merci à vous et à votre équipe pour votre compétence et votre professionnalisme, pour vos conseils et votre soutien durant cette épreuve.
Je recommande vivement ce cabinet.

Brigitte H.

... grâce à votre savoir-faire conjoint à la mobilisation de toute votre équipe, que je remercie ici. Vous avez obtenu le résultat que je vous avais demandé. Je souhaite ici vous recommander à tous ceux qui ont besoin d'un avocat sérieux et vous témoigne de toute ma gratitude pour votre éthique, votre dévouement et votre brillante plaidoirie ! Merci Maître.

Philippe L.

Le testament ne scelle pas le sort des biens hérités. La loi impose le respect des droits des héritiers réservataires, à savoir les enfants. Elle réserve également une part au conjoint survivant. L’ouverture des droits de succession met les réservataires sur un pied d’égalité. Le testataire peut uniquement distribuer à sa guise la quotité disponible. Le reste est partagé à hauteur du degré de parenté selon la législation en vigueur. Si vous avez l’impression d’un vice de procédure ou d’une injustice dans la répartition de la succession, renseignez-vous auprès de votre avocat spécialiste. Vous pouvez ainsi contester un testament si vous estimez qu’il a été rédigé dans des conditions qui ne permettaient pas au défunt d’être en pleine capacité de ses moyens : maladie, emprise… Le testament peut également être remis en cause s’il ne respecte pas les droits des héritiers réservataires. Votre avocat étudie le testament et vous accompagne dans les démarches pour le contester.

Comprendre la contestation de testament

Les différents types de testament

Il existe différents types de testament qui doivent nécessairement être écrits. L’article 969 du Code civil dispose que le testament pourra être olographe, authentique, ou mystique. Il convient également de s’intéresser au testament international.

Testament olographe

Le testament olographe est un acte solennel. L’adjectif « olographe » fait référence à la forme du testament. Un testament olographe, selon l’article 970 du Code civil, est entièrement écrit de la main du testateur, signé et daté par lui, c’est un acte sous seing privé. La valeur du testament olographe est la même qu’un testament notarié.

Testament authentique

Le testament authentique, est celui qui nécessite le plus grand formalisme. Il est réalisé devant un notaire et deux témoins ou devant deux notaires, nécessairement issus d’études notariales différentes, selon l’article 971 du Code civil. On parle d’un testament « authentique » car il provient d’un officier ministériel public, le notaire.

L’article 975 du Code civil précise concernant les témoins « Ne pourront être pris pour témoins du testament par acte public, ni les légataires, à quelque titre qu’ils soient, ni leurs parents ou alliés jusqu’au quatrième degré inclusivement, ni les clercs des notaires par lesquels les actes seront reçus. »

Testament mystique

Le testament mystique est régi par l’article 976 du Code civil et est soumis à deux conditions.

La première condition est qu’il doit être établi par écrit par le testateur ou éventuellement par un tiers, mais signé par le testateur lui-même, placé dans une enveloppe cachetée et scellée, remis à un notaire en présence de deux témoins. Le testateur doit impérativement déclarer que le contenu de l’enveloppe est son testament.

La deuxième condition est la rédaction par le notaire, dès réception de l’enveloppe, d’un acte de souscription mentionnant la date, le lieu et la déclaration du testateur qui fait foi jusqu’à inscription de faux.

Testament international

Le testament international a été créé par la Convention de Washington du 26 octobre 1973, introduit en France le 1er décembre 1994. Son intérêt tient au fait qu’il est valable quel que soit le pays où il a été rédigé, la situation des biens ou la nationalité, le domicile ou la résidence du testateur. Le texte peut être écrit par le testateur lui-même ou un tiers, dans n’importe quelle langue. En France, le testament international nécessite la présence d’un notaire et de deux témoins.

Qui peut contester un testament

L’ouverture de la succession peut parfois amener à des différends entre les personnes amenées à succéder.

L’action visant à contester un testament est ouverte aux personnes intéressées à la succession. Il est nécessaire dans un tel cas de faire appel à un avocat. 

Ainsi, un testament peut être contesté par deux catégories de personnes :

  • Les héritiers réservataires ;
  • Les légataires universels ;

 

A titre d’exemple, pour pouvoir tester valablement il faut être exempt d’insanité d’esprit, dans le cas contraire, seuls les héritiers par le sang et les légataires universels peuvent demander la nullité du testament (Cass, 1ère Ch. Civ, 17 février 2010, n°08-21.927).

Pour quelle raison contester un testament

Contestation pour inscription de faux

Contester un testament pour inscription de faux relève d’une procédure particulière. LA représentation par avocat est obligatoire.

Par principe, le testament olographe sera plus simple à contester que les autres formes de testament, ces derniers étant établis devant notaire. Le testament authentique ayant une force probante plus élevée.

Par ailleurs, le testament authentique doit revêtir un nombre conséquent de conditions de fond et de forme (dictée, écriture, mentions expresses, signature, etc…).

Toutefois, même un testament fait devant un notaire peut contenir des éléments faux. Ces faux éléments peuvent pousser le demandeur à soutenir qu’ils sont la preuve que le testament n’a pas été écrit ou dicté par le testateur mais est un faux.

Ainsi, seule une action en inscription de faux devant le Tribunal judiciaire permettra de remettre en cause un tel acte selon la Cour de cassation (Cass, 1ère Ch. Civ, 3 avril 2019, n°18-15.306).

A titre d’exemple, la Cour de cassation dans un arrêt du 17 juin 2015, a fait reconnaitre un acte authentique comme nul dans la mesure où le notaire a constaté des faits inexacts en toute connaissance de cause (Cass, 1ère Ch. Civ, 15 juin 2015, n°14-13.206).

Ou encore, la cour d’appel de Rennes a rejeté la prétention des demandeurs selon laquelle le vocabulaire et la formulation utilisée dans le testament n’était pas conforme aux habitudes de la défunte, considérant que « cette dictée laisse la faculté au notaire d’employer une rédaction qui, sans modifier la volonté du testateur, la rend plus correcte juridiquement et plus facilement compréhensible. Ainsi, l’emploi de termes étrangers au vocabulaire habituel de la défunte n’est pas de nature à entacher le testament de nullité » (CA Rennes, 08-09-2020, n°18/06435).

Si contester un testament authentique pour inscription de faux s’avère complexe, contester un testament olographe pour inscription de faux apparait plus simple.

En effet, il est constant que « la nullité du testament dont un rapport d’expertise établit qu’il n’a pas été entièrement écrit de la main du testateur » (Cass, 2ème Ch. Civ, 26 novembre 2020, n°18-22.563).

Le recours à un avocat expert en droit des successions est nécessaire pour engager une action comme celle-ci devant le Tribunal judiciaire.

Contestation par preuve contraire

Il se peut également que l’on veuille contester un testament pour des faits énoncés qui ne relèvent pas directement de la compétence du notaire, alors la procédure d’inscription de faux ne sera plus nécessaire.

Ainsi, ces énonciations échappant au contrôle de l’officier public, elles peuvent être remises en cause par preuve contraire.

A titre d’exemple, l’affirmation du notaire selon laquelle le testateur est sain d’esprit au moment de la rédaction de l’acte peut être combattue par preuve contraire (Cass, 1ère Ch. Civ, 25 mai 1987, n°85-18.684). Cette énonciation ne représente que l’opinion du notaire sur un état mental que la loi ne l’a pas chargé de constater (CA Dijon, 10 mars 2022, n°20/00662).

La procédure de contestation par preuve contraire peut également être utilisée en cas de vice de consentement. L’énonciation d’un consentement libre et éclairé peut être contestée en rapportant la preuve contraire que le consentement du testateur a été vicié par erreur, dol ou violence, pouvant être constitutif d’un abus de faiblesse.

La preuve contraire de la capacité du testateur peut également être rapportée.

Etape et délais légaux à respecter

Contester un testament est une action encadrée, notamment par des délais de prescription.

Le délai de prescription sera de droit commun si la contestation relève du droit commun. Il est régi par l’article 2224 du Code civil « les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer ».

Il s’agit alors de déterminer le point de départ de ce délai quinquennal. Ce délai court à compter du jour où le fait contesté a été connu du plaignant ou le jour où il aurait dû en prendre connaissance (CA Versailles, 28 avril 2020, n° 18/07486).

En ce qui concerne la contestation pour vice de consentement, le délai est celui de droit commun, c’est-à-dire 5 ans. Toutefois, il court à compter du jour où l’erreur ou le dol a été découvert ou du jour où la violence a cessé.

Afin d’être éclairé au mieux sur votre situation, il est conseillé de recourir à un avocat spécialisé en droit des successions.

Les prérequis d'une contestation d'un testament en justice recevable

Des legs peuvent être transmis par le biais d’un testament à des proches, sans que le défunt sache que ces legs excèdent la quotité disponible. Un abus de confiance peut être à l’origine d’un faux testament. De même, la maladie peut avoir nuit à la capacité du défunt à prendre des décisions. Vous avez alors le droit de contester le testament. Avant de porter l’affaire en justice, votre avocat en charge de la contestation du testament vous aidera à réunir les preuves de vos allégations. Vous pouvez obtenir l’annulation du testament ou un nouveau calcul des parts successorales. Une part d’héritage exagérée peut être source de contestation. Certes le testataire peut décider de donner davantage à une personne mais il ne doit pas impacter les droits des réservataires. Les droits de successions régissent les pourcentages attribués à chaque lien de parenté et doivent être appliqués selon la loi. Contester un testament peut prendre différentes formes. Tout dépend des fraudes et des litiges mis en évidence. Pour chaque cas, il s’agit de faire respecter les droits de l’héritier lésé. Faites valoir vos droits sur les conseils de votre avocat dès l’ouverture de la succession.

Le rôle de votre avocat dans la défense de vos droits

Votre avocat vous accompagne dans vos démarches auprès du notaire. Il évalue vos intérêts. Il peut proposer une solution à l’amiable pour débloquer l’héritage dans des délais courts. Il vous indique quelles preuves réunir pour révoquer judiciairement un testament frauduleux. Il initie une action en réduction. Ce recours permet de faire valoir un partage inégal entre les héritiers légitimes. Si l’écart est important, il nécessite des suites judiciaires. Ce type d’action en justice réactualise la réserve héréditaire en parts équitables. Le nouveau calcul tient compte des paramètres qui auraient dû être appliqués dès l’ouverture de la succession. Les liquidités comme les biens sont redistribués. Vous disposez d’un délai de 5 ans pour contester un testament frauduleux ou de 2 ans à compter de la découverte de l’atteinte à votre réserve. Au-delà de 10 ans, toute contestation de donation ou de testament n’est plus recevable. N’attendez pas, contactez votre avocat expert en successions.

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